Une commotion cérébrale pour vivre la slow life

Il y a trois semaines, j’ai eu un petit accident de parcours. Eh oui! Je m’entraîne assez intensément en danse swing, et ça, ça inclut des acrobaties. Et puis quand tu te fais pitcher régulièrement dans les airs, bien… Ça arrive qu’un accident survienne.

J’ai été très chanceuse, je suis simplement mal atterri sur les pieds. L’impact n’a pas été super grand.

D’ailleurs, je profite de cette modeste vitrine pour vous encourager à faire un don pour une cause qui me tient énormément à coeur. L’année passée, une danseuse s’est grièvement blessée en pratiquant son hobby. Elle est maintenant tétraplégique. Mais comme c’est un être humain formidable, elle choisit l’autonomie, et a besoin de notre aide afin de faire un séjour de réadaptation en Californie. Je vous en remercie du fond du coeur. 

Tout ça pour dire que j’ai eu une commotion cérébrale. J’ai été placée en arrêt maladie par un médecin qui ne trustait vraiment pas ma démarche titubante, mes mots qui manquaient et mon aversion soudaine au bruit.

Pas le droit à l’activité physique, ni à l’activité intellectuelle. Pas de lecture, d’écrans de toutes sortes, de grosses réflexions, d’activités trop longues ou demandantes… En gros, y’a pas grand-chose que je pouvais faire.

Je vais vous le dire tout de suite, ça a été l’une des semaines les plus longues de ma vie.

Je l’ai appelée : ma semaine du lâcher prise.

 

L’art du lâcher prise

L’art fin du lâcher prise. C’est quelque chose que j’ai commencé à appliquer depuis un bout déjà.

Écouter les signaux de mon corps pour savoir quand arrêter. Respecter mes limites. Et surtout, ne pas me sentir coupable quand je dois arrêter.

Je suis d’un naturel assez ambitieux, et je me mets la barre généralement plutôt haute. Plusieurs projets différents meublent tout mon temps, et j’adore travailler dessus.

Ça me rend tellement heureuse de m’installer avec un espresso chez moi devant mon ordi, ou encore d’aller au café du coin pour travailler. J’entre instantanément dans the zone.

Vous savez, cette fameuse zone où on ne voit pas le temps passer, où on est complètement absorbé par notre activité? Je suis complètement accro à cette sensation.

Et auparavant, je voyais souvent mes temps de repos comme du temps perdu. Du temps où je n’avançais pas dans mes projets! Du temps qui ne servait à rien.

Mais cette année, j’ai appris à voir ces moments de détente comme absolument essentiels à ma productivité. Une espèce de déclic s’est opéré quand j’ai compris que oui, j’étais productive. Que oui, j’étais assez occupée!

J’avais donc LE DROIT à mes moments de repos, à des moments sans rien faire. Et même que j’en avais besoin. Pas besoin de culpabiliser en prenant du temps pour relaxer.

Le résultat? Je ressens maintenant un énorme équilibre et un bien-être quasi absolu. Je ne me sens plus du tout coupable quand je sens que je dois prendre un moment pour ne rien faire. Mais je croyais avoir perfectionné cet art du laisser-aller…

 

Le test ultime

Ma semaine d’arrêt de travail a mis à rude épreuve ce nouveau chemin de pensées.

J’ai d’abord ressenti une énorme frustration de devoir annuler un spectacle, puis une compétition de danse. Ça fait depuis janvier que je m’y préparais, et j’avais très hâte de relever le défi.

Mais surtout, je ne pouvais pas du tout toucher à mes projets. J’ai pris l’habitude d’avancer quand je suis à la maison. Les soirées de semaine et les fins de semaine, je travaille sur mes mandats et sur mon site web perso. Et, depuis peu, sur ce blogue.

J’étais tellement motivée par des montréalités, et j’avais si hâte d’y travailler afin de partager tout ce qui me passe par la tête! Et boum. D’un coup, je n’avais pas le droit à l’ordi. D’un coup, ma grande lancée de motivation se voyait couper l’herbe sous les pieds.

Il a donc fallu que je laisse aller la notion d’être productive. Totalement, complètement. Sinon, je risquais de compromettre la santé de mon cerveau.

J’ai fais d’innombrables marches, je retournais souvent me coucher, je voyais des amis à petites doses, je coloriais, j’écoutais des contes de Fred Pellerin… En d’autres mots, il fallait que je me force à vedger.

J’ai pris le temps de flâner. Je marchais à peu près partout, comme je n’avais pas grand-chose à faire. J’ai commencé à voir ce qui m’entourait avec des yeux de quelqu’un en voyage. Quelqu’un qui n’avait rien d’autre à faire que d’être dans le moment présent.

Mon approche à la vie était basée sur la lenteur. Je voulais que mes activités s’étirent le plus possible, car je savais que je n’avais rien d’autre à faire plus tard. Du temps libre, il y en avait en masse à meubler!

Bon, je l’avoue : j’ai fait un beau ménage du printemps chez moi! J’en ai profité pour terminer mon virage minimaliste. J’ai fini de trier mes derniers racoins fourre-tout, où s’empilent les choses que l’on n’arrive pas à jeter mais dont on ne se sert jamais.

Mis à part ça, ma semaine était un beau désert d’oisiveté. C’était très étrange.

 

La lenteur au quotidien

J’ai maintenant repris le travail, mais pas la danse. Il faut encore que mon cerveau prenne le temps de se réparer.

Il a fallu que je fasse le deuil des compétitions de danse pour cette année, car les Championnats Canadiens de Swing ont lieu dans 3 petites semaines.

J’ai donc plus de temps libre qu’avant, mais je ressens aussi une plus grande lenteur dans mes activités. Et ça fait tellement du bien! Je deviens entièrement absorbée par mes petits projets.

Par contre, je n’arrive plus à être aussi productive qu’avant. Écrire des textes me demande beaucoup maintenant plus d’effort. Mais j’en profite pour vivre pleinement le moment présent.

Et me pratique à l’art du laisser-aller…

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